Tout a vraiment commencé l'été
précédent la rentrée en seconde, je partais en vacances avec ma mère
dans la Drôme chez une de ses vieilles amies avec qui elle avait repris
contact et je pourrais passer les vacances avec sa fille. Elisa a 2 ans
de plus que moi, elle est grande, mince, très femme... et pas grand
chose nous rapproche, pourtant on s'entend si bien que je reste 10
jours supplémentaires après ma mère.
Eliza a 17 ans mais ses potes Alex et et Soren en ont plus de 20 et 25
respectivement (Soren va bientôt être papa) et elle a déjà arrêté
l'école, commencé une formation à l'école du c irque, interrompue et
remplacée par une formation dans la photo.
Je passe des vacances de rêve.
Je reviens à peine d'une semaine de vacances en Turquie au club
Marmara Kimeros à Antalya. Cette semaine a été l'occasion d'une mise en
perspective de ma vie de jeune femme.
Julie et moi sommes
arrivés au club assez tard mais dès le premier soir j'ai remarqué au
bar du restau de la plage un serveur. Un beau turc, d'une trentaine
d'année, peu souriant, avec un visage qui semblait sans expression et
donc plein de charme. Ce même serveur se retrouve ensuite au bar de la
piscine puis au bar du disco. Mais contrairement aux membres de
l'équipe d'animation, en général, il ne semble pas s'intéresser au
nouvel arrivage de chaire fraîche et semble même gêné par mes regards.
La fatigue, l'open bar et la journée de voyage aidant on monte se coucher.
Le lendemain, je me pose en terrasse au bar de la plage dans
l'après-midi, la matinée au soleil m'ayant bien cassée. Je sors à peine
d'une pneumonie et presque deux moi de solitude à la maison ne m'ont
pas rendue plus sociable ou plus attirée par le soleil. Je bouquine
donc en terrasse avec une chemise et un paréo en sarouel. Cette
situation semble intriguer certaines personnes, notamment le personnel
de l'animation qui n'a pas l'habitude sans doute de voir une fille dans
ce club passer 5 heures à lire à la terrasse sans aller faire la crêpe
sur un transat.
Ce club est immense alors on décide d'aller manger
dans un autre resto pour changer et surtout d'aller prendre l'apéro
dans un autre bar, celui de l'hôtel.
Là on se retrouve toutes les 2
dans un canapé face au bar où j'avais repéré que mon barman de la
veille travaillait ce soir. J'ai convaincu Julie assez facilement
d'aller dans ce bar sans qu'elle ne se doute que c'était un
apéro-matage que j'avais organisé.
Et là, manque de bol, il part et
est remplacé par SB, qui est aussi souvent de l'autre côté du bar avec
un type qui à l'air d'être un des boss. Puis Julie doit remonter dans
la chambre et me laisse donc avec ma tasse à café vide dans le canapé.
SB n'apprécie pas de voir une fille sans un verre d'alcool dans la main
et me demande ce que je veux. Va pour un Gin To et un peu de papotage.
Il va aller au disco, il est en fait le responsable de bar de
l'ensemble et veut qu'on aille boire un verre et parler après dans ce
même bar, après sa fermeture, il a les clés bien sûr....
Malheureusement, vous l'avez compris, ce n'est pas mon barman et donc
ça ne m'intéresse pas trop, alors quand Julie revient je la mets au
parfum et on prévoit d'esquiver en allant danser au fond du disco et en
espérant que ça passera.
Mais ça ne passe pas. Un des animateur, L,
danse avec chacune de nous, on le voit partir vers la deuxième sortie,
intérieure, du disco et discuter avec SB. Il revient nous faire sa pub
et dit d'abord à Julie que SB veut qu'on monte tous les quatre : SB
pour elle, L pour moi mais me dit à moi qu'ils veut qu'on monte, lui,
un autre barman, Julie et moi, avec une autre répartition. Grand moment
de panique j'imagine que l'autre barman, pour Julie, est le mien et je
suis donc décidée à monter, au moins je peux avoir un peu la situation
sous contrôle et surveillance rapprochée, d'autant que Julie ne parle
pas une langue étrangère et que le personnel de l'hôtel parle peu ou
pas français.
Mes craintes s'avèrent infondées quand on se retrouve
à la terrasse du bar de l'hôtel avec SB et L, mais SB ne parle pas
français alors après un jeu de chaises musicales, je me retrouve à
parler avec SB et Julie avec L.
SB commence à me parler de
plus en plus près et après avoir demandé si on voulait boire quelque
chose. Il s'agit d'une discussion en franglais, il approche son bras,
pose ses doigts sur mon épaule et commence à l'éfleurer, ce qui, la
malheureux ne savait pas à quel point, mais m'excite à mort. Puis il me
prend la main et approchant sa bouche de mon oreille me dit "you want
to fuck". Une proposition aussi élégante que subtile. Je dois avouer
que ce n'est pas mon truc, il y a des méthodes toutes aussi directes
qui donnent bien plus envie. Un instant plus tard je savais que s'il
s'était contenté de m'embrasser l'oreille ou m'embrasser tout court il
n'aurait pas eu besoin de demander. Je l'ai donc de façon détournée
envoyé chier et on est montées se coucher. Je n'ai rien dit à Julie
pour ce qui s'était passé dans les détails et la phrase élégante.
Je sais pourquoi je n'ai rien dit. Sur le coup je n'y avais pas pensé,
trop contente de m'être esquivée de cette proposition trop verbale pour
me plaire. Et parce que ce désir physique, cette absence
d'intellectualisation du sexe, ça ne correspond pas à l'idée que les
gens se font de moi. Et je serais partie dans une explication et un
blabla, référencé et justifié et sans fin auprès d'elle. Ca m'aurait
demandé trop de temps de préparer une réponse, d'élaborer un monologue
pour expliquer.
Le lendemain je retourne à la terrasse du bar
de la piscine comme il était maintenant prévu que je le fasse toutes
les vacances pour bouquiner avec un plouf dans la mer ou la piscine à
l'heure du déj ou à l'heure de l'apéro. Il est bien plus facile de
faire des longueurs sans les enfants, les boués et les concours de
plongeons.....
Là, on avait déjà sympathisé avec plusieurs
personnes qui avaient été dans le même avion que nous : Romain, Elsa,
Germain et d'autres qui rejoignaient régulièrement le groupe.
Ce soir là quand Julie a fini par rentrer je ne dormais pas. J'étais
allée pleurée sous la douche. Elle a poussé doucement la porte de la
chambre, que mes chaussures tenait presque fermée. Elle a doucement
demandé "tu dors?", à laquelle je n'ai pas répondu et je l'ai entendu
se préparer pour aller au lit.
Le lendemain je voulais me lever tôt et j'espérais qu'elle aurait plus
de mal à se lever que moi, à l'inverse elle se réveilla vivement et
était prête en 15 minutes. Elle essaya donc de me réveiller, et comme
la veille j'avais parlé toute la journée de faire une sieste, que je
n'avais pas faite, j'ai fait semblant de donner une réponse dans un
faux sommeil du matin : "j'fais la sieste là". Elle est partie et 2
minutes plus tard j'allumais la télé et regardait les infos sur
Euronews, je voulais être sûre qu'elle serait hors de l'hôtel, côté
plage, côté village et pas au restau de l'hôtel. Prenant nos petits dèj
en terrasse elle m'aurait forcément vue.
Puis j'ai rejoint le côté village, elle était déjà sur un transat au
bord de la piscine et je prenais donc mon café avec Elsa. Celle-ci à 45
ans environ, 2 enfants, divorcée de leur père et en union libre avec
Germain, qui vit 6 mois par an en Thaïlande et six mois à Cannes où il
tient un petit stand de bouffe. On parle de la vie, des rapports avec
les parents, du couple, de l''éducation....
Enfin, ne voyant plus mon barman, c'était son jour de repos, je décide
de changer de côté et pars m'installer à la plage puis à la piscine
côté hôtel. Histoire d'être un peu plus au calme, moins de bruit (le
box animation, avec musique de 10h à 12h30 et de 14h à 18h est côté
village). Et puis j'ai moins l'impression d'être un OVNI : à l'ombre,
avec un t-shirt, une bouteille d'eau et un bouquin, au lieu du soleil,
monoî, voici ou glamour et 7 up ou même Raki.
Je peux donc prendre le temps de repenser les événements, les réactions, les raisons...